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{{ébauche}}{{Infobox Personnalité|Nom=Duc de Belle-Isle|Nationalité=Français|Naissance=22 septembre [[1684]] à Villefranche-de-Rouergue|Décès=26 janvier [[1761]] à Versailles|Profession=Homme politique<br />Gouverneur des [[Trois-Evêchés]]|Entourage=Louis XIV<br />Louis XV<br />Nicolas Fouquet<br />Armand Fouquet de Belle-Isle|Travaux=Création de la [[Société royale des sciences et des arts de la ville de Metz]], l'[[église Saint-Simon-Saint-Jude]], l'[[Préfecture de la Moselle|hôtel de l'Intendance]], la [[place d'Armes]] et l'[[opéra-théâtre de Metz]]|Image=Charles_Louis_Auguste_Fouquet.jpg}}'''Charles Louis Auguste Fouquet, Duc de Belle-Isle''', élevé à la dignité de ''Maréchal de Belle-Isle'' en [[1741]], est un homme politique et une figure militaire du [[XVIIIe siècle]], né en [[1684]]. Il est gouverneur des [[Trois-Evêchés]] et donc de [[Metz]] de [[1727]] à sa mort en [[1761]].
{{ébauche}}{{Infobox Personnalité|Nom=Charles Louis Auguste Fouquet<br><small>Duc de Belle-Isle</small>|Nationalité=Français|Naissance=22 septembre [[1684]] à Villefranche-de-Rouergue|Décès=26 janvier [[1761]] à Versailles|Profession=Homme politique<br />Gouverneur des [[Trois-Evêchés]]|Entourage=Louis XIV<br />Louis XV<br />Nicolas Fouquet<br />Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle dit Chevalier de Belle-Isle<br />Louis-Marie Fouquet de Belle-Isle, comte de Gisors|Travaux=Création de la [[Société royale des sciences et des arts de la ville de Metz]], l'[[abbatiale Sainte Glossinde]], l'[[église Saint-Simon-Saint-Jude]], l'[[Préfecture de la Moselle|hôtel de l'Intendance]], la [[place d'Armes]] et l'[[opéra-théâtre de Metz]]|Image=Charles_Louis_Auguste_Fouquet.jpg}}'''Charles Louis Auguste Fouquet, Duc de Belle-Isle''', élevé à la dignité de Maréchal de Belle-Isle en [[1740]], est un homme politique et une figure militaire du [[XVIIIe siècle]], né en [[1684]]. Il est gouverneur des [[Trois-Evêchés]] et donc de [[Metz]] de [[1727]] à sa mort en [[1761]].
==Biographie==
==Biographie==
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=== Mousquetaire puis chef de guerre ===
Né en 1684 à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), Charles Louis Auguste Fouquet est le petit-fils du surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet. Il est aussi le fils de Louis Fouquet, marquis de Belle-Isle et de Catherine-Agnès de Lévis-Charlus, sœur du duc de Lévis.
Mousquetaire puis capitaine de cavalerie dans les troupes militaires sous le même monarque Louis XIV lors de la guerre de succession d'Espagne, il participe aussi pendant la Régence à la Guerre de la Quadruple-Alliance au début du [[XVIIIe siècle]]. Il devient lieutenant général en 1732.
=== Commandant en chef des Trois-Evêchés et distinctions royales ===
En [[1727]], il est nommé commandant en chef des [[Trois-Evêchés]] et opère de grandes transformations dans la ville de [[Metz]] (voir la partie '''Réalisations'''). Il est gouverneur de Metz et du Pays Messin de [[1733]] à sa mort.
Lorsque l'empereur du Saint-Empire Charles VI meurt en 1740, Belle-Isle, chef du parti de la guerre, convainc le roi Louis XV à partir en guerre <ref>{{Lien web|langue=fr|auteur=PERREAU Stéphan|url=https://www.hyacinthe-rigaud.com/catalogue-raisonne-hyacinthe-rigaud/portraits/1038-fouquet-de-belle-isle-charles-louis-auguste|titre=FOUQUET DE BELLE-ISLE Charles Louis Auguste|site=Hyacinthe Rigaud|consulté le=17 février 2026}}</ref> contre l'Autriche dans la guerre de succession d'Autriche. Il est fait maréchal de France en [[1740]] <ref>{{Ouvrage|langue=fr|auteur=CHASSANG Alexis, BOUILLET Marie-Nicolas|titre=[https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Bouillet_-_Chassang_-_Dictionnaire_universel_d%27histoire-geo_-_1878_-_P1_-_A-G.djvu/213 Dictionnaire universel d’histoire et de géographie]|edition=L. Hachette|ville=Paris|publication=1878}}</ref> ou [[1741]] <ref>{{Lien web|langue=fr|auteur=PENIN Marie-Christine|url=https://www.tombes-sepultures.com/crbst_2018.html|titre=Belle-Isle|site=Tombes sépultures dans les cimetières et autres lieux|consulté le=18 février 2026}}</ref> puis noue une alliance avec la Prusse, l'Espagne et la Bavière contre Marie-Thérèse d'Autriche et l'Angleterre pour s'emparer de Prague, permettant à Charles-Albert de Bavière de devenir l'empereur Charles VII. Héros de guerre après le retraite de Prague en 1742, il est élevé duc de Gisors et Pair en [[1748]], ministre d'Etat en [[1750]] puis secrétaire d'Etat à la Guerre en [[1758]] <ref>{{Ouvrage|langue=fr|auteur=VALYNSEELE Joseph|titre=Dictionnaire des maréchaux de France: Du Moyen Age à nos jours|ville=Paris|edition=Perrin|publication=2001|ISBN=2262017352}}</ref>.
Dès [[1749]], il occupe le fauteuil n°10 de l'Académie française.
=== Descendances et hommages ===
Son frère, Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle, dit le chevalier de Belle-Isle, né en 1693, meurt en 1747.
Son fils, [[Louis-Marie Fouquet de Belle-Isle]], comte de Gisors, né à Metz en [[1732]] de sa seconde épouse Marie-Casimir de Béthune, devient gouverneur de Metz en [[1756]] mais meurt durant la guerre de Sept Ans en 1758. Il sera célébré à la [[Cathédrale Saint Étienne de Metz]] et donnera son nom au [[Fort Gisors]], construit sur la ceinture de [[Bellecroix]]. Son père redevient gouverneur de Metz jusqu'à sa mort.
Attristé par la mort de son fils, il meurt le 26 janvier 1761 à Versailles à l'âge de 77 ans. Sur son lit de mort il aurait confié : « La ville de Metz est ma maîtresse ». Une plaque à sa mémoire est posée [[place de la Comédie]] en [[2012]] par la SHAL, l'[[Académie nationale de Metz]] et l'association [[Renaissance du Vieux Metz]].


==Réalisations==
==Réalisations==
{{Vide}}A Metz jusqu'au [[XVIIIe siècle]], le passage autour de la [[Cathédrale Saint Étienne de Metz]] était compliqué avec des rues étroites et peu de places pour circuler. En visite en [[1744]] à [[Metz]], le roi Louis XV souhaite une [[place d'Armes]] rectangulaire et symbolisant les quatre pouvoirs (religieux, militaire, bourgeois et royal) dans une ville qui ne dispose plus de grande place suite à la disparition du [[Champ à Seille]]. Il ordonne au [[maréchal de Belle-Isle]] son exécution.   
{{Vide}}
 
=== Une nouvelle fortification ===
Devenu gouverneur de la ville en [[1727]], Belle-Isle est chargé par Louis XV de poursuivre les grands travaux de fortifications de Metz. Après le passage du maréchal d'Asfeld, directeur des fortifications du royaume, plusieurs fois dans la ville, un plan à 10 millions de livres est établi <ref>{{Ouvrage/TRADefendre}}</ref>. L'ingénieur [[Louis de Cormontaigne]] façonne alors, en [[1728]], la double couronne de remparts jusqu'en [[1731]], notamment le [[front Saint-Vincent]], puis la double couronne de Bellecroix jusqu'en [[1740]]. La rue principale percée sur le rempart nord par Cormontaigne est nommée en son honneur en [[1737]] et conserve encore aujourd'hui son nom : la [[rue Belle-Isle]]. La restructuration de la place forte messine s'associe à la création de grandes places (place d'Armes, place Mazelle, arasement du château Saint Thiébault, destruction de la [[Porte Saint Thiébault|porte du même nom]] en [[1739]], ou encore en [[1741]] transformation de la grande cour de l'abbaye de [[Basilique Saint Vincent de Metz|Saint Vincent]] en [[Place Saint Vincent|place]]) et le percement de nouvelles ouvertures (le bas de la [[rue Neuve Saint Louis]] est ouverte sur la [[Place Saint-Louis]] en [[1740]]) pour étendre la ville et transformer la cité médiévale en ville de garnison néo-classique. En 1738, Belle-Isle récupère aussi les terrains de l'évêchés repris par Louis XV aux abords de la place Saint Thiébault, afin de former la [[Rue Châtillon]] en 1739.
 
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=== Un nouvel ensemble cathédrale - hôtel de ville ===
À Metz jusqu'au [[XVIIIe siècle]], le passage autour de la [[Cathédrale Saint Étienne de Metz]] était compliqué avec des rues étroites et peu de places pour circuler. En visite en [[1744]] à [[Metz]], le roi Louis XV souhaite une [[place d'Armes]] rectangulaire et symbolisant les quatre pouvoirs (religieux, militaire, bourgeois et royal) dans une ville qui ne dispose plus de grande place suite à la disparition du [[Champ à Seille]]. Il ordonne au [[maréchal de Belle-Isle]] son exécution.   


{{Lire plus|page=Place d'Armes}}
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[[Fichier:Mairiemetz2023.jpg|vignette|L'hôtel de Ville de Metz.]]
En [[1731]] déjà, Belle-Isle commence par agrandir la place, jusqu'alors accessible seulement [[en Fournirue]] et par la [[rue derrière Saint Gorgon]] (aujourd'hui disparue). Pour cela, il perce les [[rue des Jardins]] en [[1754]] <ref name="berrar">{{Ouvrage/BERDébut}}</ref> et [[rue du Chanoine Collin|du Chanoine Collin]], et fait prolonger le [[passage du Palais épiscopal]] dans une grande voie vers la [[place de Chambre]] sans passer par la [[place Saint-Étienne]] : la [[Rue d'Estrée|Rue d'Estrées]]. Il ordonne à [[Jacques-François Blondel|Blondel]] la réalisation de plusieurs édifices autour de la nouvelle [[Place d'Armes Jacques-François Blondel]], aménagée en juillet 1754 et construite jusqu'en [[1770]]. 


En [[1731]] déjà, Belle-Isle commence par agrandir la place, jusqu'alors accessible seulement [[en Fournirue]] et par la [[rue derrière Saint Gorgon]] (aujourd'hui disparue). Pour cela, il perce les [[rue des Jardins]] en [[1754]] <ref name="berrar">{{Ouvrage/BERDébut}}</ref> et [[rue du Chanoine Collin]], et fait prolonger le [[passage du Palais épiscopal]] dans une grande voie vers la [[place de Chambre]] sans passer par la [[place Saint-Étienne]]. Il ordonne à [[Jacques-François Blondel|Blondel]] la réalisation de plusieurs édifices autour de la nouvelle [[Place d'Armes Jacques-François Blondel]], aménagée en juillet 1754 et construite jusqu'en [[1770]].
Construite sur l'ancienne [[place devant le Grand Moûtier]], la place fait raser le [[cloître de la cathédrale]] et le [[jardin du Chapitre]], le logement des musiciens et ses maisons attenantes, la [[chapelle Saint-Paul]], la [[chapelle des Foës]] (dite [[Notre-Dame des Lorette]], tous ces bâtiments se situant au centre de notre place actuelle), la [[chapelle de Saint-Pierre-le-Vieux]] (emplacement actuel du bâtiment de l'[[office de tourisme]]), la [[chapelle des Lorrains]] (sur la place, côté cathédrale devant le portail de la Vierge), la petite collégiale de [[Saint-Pierre-aux-Images]], un ensemble de petites maisons, et le [[grenier du Chapitre]] (tous trois à l'emplacement actuel de l'Hôtel de Ville). Le sol est aussi arasé et abaissé de cinq mètres entre la [[rue du Four du Cloitre]] et le parvis de la cathédrale. Le haut de la [[En Fournirue|Fournirue]] est retravaillé pour construire une aile.  


Construite sur l'ancienne [[place devant le Grand Moûtier]], la place fait raser le [[cloître de la cathédrale]] et le [[jardin du Chapitre]], le logement des musiciens et ses maisons attenantes, la [[chapelle Saint-Paul]], la [[chapelle des Foës]] (dite [[Notre-Dame des Lorette]], tous ces bâtiments se situant au centre de notre place actuelle), la [[chapelle de Saint-Pierre-le-Vieux]] (emplacement actuel du bâtiment de l'[[office de tourisme]]), la [[chapelle des Lorrains]] (sur la place, côté cathédrale devant le portail de la Vierge), la petite collégiale de [[Saint-Pierre-aux-Images]], un ensemble de petites maisons, et le [[grenier du Chapitre]] (tous trois à l'emplacement actuel de l'Hôtel de Ville). Le sol est aussi arasé et abaissé de cinq mètres entre la [[rue du Four du Cloitre]] et le parvis de la cathédrale.  
En [[1761]], il commande le nouvel [[hôtel de ville]] et son successeur fera raser le [[Palais des Treize]] en [[1765]]. En [[1764]], Blondel poursuivra les travaux de Belle-Isle avec le portail néoclassique de la [[Cathédrale Saint Étienne de Metz]] et les galeries tout autour afin d'harmoniser toute la place. En [[1765]], il demande à Blondel de construire le nouveau [[Parlement de Metz]] dont seule la façade sera achevée.
{{Lire plus|page=Hôtel de Ville de Metz}}{{Lire plus|page=Jacques-François Blondel}}Cet ensemble sera poursuivi à la mort de Belle-Isle par son successeur comme gouverneur de Metz, le [[Maréchal d'Estrées]], et l'architecte classique Blondel.


En [[1761]], il commande le nouvel [[hôtel de ville]] et son successeur fera raser le [[Palais des Treize]] en [[1765]]. En [[1764]], Blondel poursuivra les travaux de Belle-Isle avec le portail néoclassique de la [[Cathédrale Saint Étienne de Metz]] et les galeries tout autour afin d'harmoniser toute la place.  
=== Une nouvelle île du Saulcy ===
[[Fichier:PrefectureHotelDepartement.jpg|vignette|La Préfecture de Moselle.]]
Louis XV veut dès [[1738]] créer la « première place moderne de Metz » <ref>{{Ouvrage/BARAntan}}</ref> avec l'ensemble [[place de la Préfecture]] et [[place de la Comédie]]. Il fera ainsi bâtir l'[[Hôtel de l'Intendance]] (aujourd'hui [[Préfecture de Metz]]) entre [[1738]] et [[1742]], l'[[Opéra-théâtre de Metz]] entre [[1732]] et [[1758]], les deux sur l'[[île du Petit-Saulcy]] qu'il a fait viabiliser, mais aussi l'[[abbatiale Sainte-Glossinde]] (entre 1752 et 1757, avec ses abords) et l'[[église Saint-Simon-Saint-Jude]].


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A Metz, il veut créer dès [[1738]] la « première place moderne de Metz » <ref>{{Ouvrage/BARAntan}}</ref> avec l'ensemble [[place de la Préfecture]] et [[place de la Comédie]]. Il fera ainsi bâtir l'[[Hôtel de l'Intendance]] (aujourd'hui [[Préfecture de Metz]]) entre [[1738]] et [[1752]], l'[[Opéra-théâtre de Metz]] entre [[1732]] et [[1758]], les deux sur l'[[île du Petit-Saulcy]] qu'il a fait viabiliser, mais aussi l'[[abbatiale Sainte-Glossinde]] et l'[[église Saint-Simon-Saint-Jude]]. Il fonde en [[1757]] l'[[Académie nationale de Metz]] sous le nom de Société d’étude, des sciences et des arts de la ville de Metz. Il est depuis membre d'honneur de cette société savante.  
Toujours sur l'île du Petit-Saulcy, il fait construire quatre ponts qui permettent de relier ce nouveau quartier au reste de la ville : le [[Pont des Roches]] et le [[Pont de la Préfecture]] en [[1739]], le [[pont Saint-Marcel]] et le [[pont Moreau]] en [[1737]] <ref>{{Lien web|langue=fr|auteur=STRUCTURAE|url=https://structurae.net/fr/ouvrages/amenagement-de-l-ile-du-petit-saulcy|titre=Aménagement de l'île du Petit-Saulcy|site=structurae.net|consulté le=6 mai 2023}}</ref>.


Toujours sur l'île du Petit-Saulcy, il fait construire quatre ponts qui permettent de relier ce nouveau quartier au reste de la ville : le [[Pont des Roches]] et le [[Pont de la Préfecture]] en [[1739]], le [[pont Saint-Marcel]] et le [[pont Moreau]] en [[1737]].  
=== L'académie de Metz ===
Il fonde en [[1757]] l'[[Académie nationale de Metz]] sous le nom de Société d’étude, des sciences et des arts de la ville de Metz. Il est depuis [[1759]] membre d'honneur de cette société savante.  


==Odonymie==
==Odonymie==
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* [[Hôpital Belle-Isle]]
* [[Hôpital Belle-Isle]]
* [[Rue Belle-Isle]]
* [[Rue Belle-Isle]] et [[impasse Belle-Isle]]
* [[Piscine Belle-Isle]]
* [[Piscine Belle-Isle]]



Dernière version du 19 février 2026 à 00:32

Article à compléter

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Charles Louis Auguste Fouquet
Duc de Belle-Isle
Charles Louis Auguste Fouquet Duc de Belle-Isle
Biographie
Nationalité:FrançaisNaissance:22 septembre 1684 à Villefranche-de-RouergueDécès:26 janvier 1761 à VersaillesActivité(s):Homme politique
Gouverneur des Trois-Evêchés
Relations
Entourage:Louis XIV
Louis XV
Nicolas Fouquet
Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle dit Chevalier de Belle-Isle
Louis-Marie Fouquet de Belle-Isle, comte de Gisors
Travaux ou œuvres:Création de la Société royale des sciences et des arts de la ville de Metz, l'abbatiale Sainte Glossinde, l'église Saint-Simon-Saint-Jude, l'hôtel de l'Intendance, la place d'Armes et l'opéra-théâtre de Metz

Charles Louis Auguste Fouquet, Duc de Belle-Isle, élevé à la dignité de Maréchal de Belle-Isle en 1740, est un homme politique et une figure militaire du XVIIIe siècle, né en 1684. Il est gouverneur des Trois-Evêchés et donc de Metz de 1727 à sa mort en 1761.

Biographie

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Mousquetaire puis chef de guerre

Né en 1684 à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), Charles Louis Auguste Fouquet est le petit-fils du surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet. Il est aussi le fils de Louis Fouquet, marquis de Belle-Isle et de Catherine-Agnès de Lévis-Charlus, sœur du duc de Lévis.

Mousquetaire puis capitaine de cavalerie dans les troupes militaires sous le même monarque Louis XIV lors de la guerre de succession d'Espagne, il participe aussi pendant la Régence à la Guerre de la Quadruple-Alliance au début du XVIIIe siècle. Il devient lieutenant général en 1732.

Commandant en chef des Trois-Evêchés et distinctions royales

En 1727, il est nommé commandant en chef des Trois-Evêchés et opère de grandes transformations dans la ville de Metz (voir la partie Réalisations). Il est gouverneur de Metz et du Pays Messin de 1733 à sa mort.

Lorsque l'empereur du Saint-Empire Charles VI meurt en 1740, Belle-Isle, chef du parti de la guerre, convainc le roi Louis XV à partir en guerre [1] contre l'Autriche dans la guerre de succession d'Autriche. Il est fait maréchal de France en 1740 [2] ou 1741 [3] puis noue une alliance avec la Prusse, l'Espagne et la Bavière contre Marie-Thérèse d'Autriche et l'Angleterre pour s'emparer de Prague, permettant à Charles-Albert de Bavière de devenir l'empereur Charles VII. Héros de guerre après le retraite de Prague en 1742, il est élevé duc de Gisors et Pair en 1748, ministre d'Etat en 1750 puis secrétaire d'Etat à la Guerre en 1758 [4].

Dès 1749, il occupe le fauteuil n°10 de l'Académie française.

Descendances et hommages

Son frère, Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle, dit le chevalier de Belle-Isle, né en 1693, meurt en 1747.

Son fils, Louis-Marie Fouquet de Belle-Isle, comte de Gisors, né à Metz en 1732 de sa seconde épouse Marie-Casimir de Béthune, devient gouverneur de Metz en 1756 mais meurt durant la guerre de Sept Ans en 1758. Il sera célébré à la Cathédrale Saint Étienne de Metz et donnera son nom au Fort Gisors, construit sur la ceinture de Bellecroix. Son père redevient gouverneur de Metz jusqu'à sa mort.

Attristé par la mort de son fils, il meurt le 26 janvier 1761 à Versailles à l'âge de 77 ans. Sur son lit de mort il aurait confié : « La ville de Metz est ma maîtresse ». Une plaque à sa mémoire est posée place de la Comédie en 2012 par la SHAL, l'Académie nationale de Metz et l'association Renaissance du Vieux Metz.

Réalisations

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Une nouvelle fortification

Devenu gouverneur de la ville en 1727, Belle-Isle est chargé par Louis XV de poursuivre les grands travaux de fortifications de Metz. Après le passage du maréchal d'Asfeld, directeur des fortifications du royaume, plusieurs fois dans la ville, un plan à 10 millions de livres est établi [5]. L'ingénieur Louis de Cormontaigne façonne alors, en 1728, la double couronne de remparts jusqu'en 1731, notamment le front Saint-Vincent, puis la double couronne de Bellecroix jusqu'en 1740. La rue principale percée sur le rempart nord par Cormontaigne est nommée en son honneur en 1737 et conserve encore aujourd'hui son nom : la rue Belle-Isle. La restructuration de la place forte messine s'associe à la création de grandes places (place d'Armes, place Mazelle, arasement du château Saint Thiébault, destruction de la porte du même nom en 1739, ou encore en 1741 transformation de la grande cour de l'abbaye de Saint Vincent en place) et le percement de nouvelles ouvertures (le bas de la rue Neuve Saint Louis est ouverte sur la Place Saint-Louis en 1740) pour étendre la ville et transformer la cité médiévale en ville de garnison néo-classique. En 1738, Belle-Isle récupère aussi les terrains de l'évêchés repris par Louis XV aux abords de la place Saint Thiébault, afin de former la Rue Châtillon en 1739.

Article détaillé : Remparts de Metz


Un nouvel ensemble cathédrale - hôtel de ville

À Metz jusqu'au XVIIIe siècle, le passage autour de la Cathédrale Saint Étienne de Metz était compliqué avec des rues étroites et peu de places pour circuler. En visite en 1744 à Metz, le roi Louis XV souhaite une place d'Armes rectangulaire et symbolisant les quatre pouvoirs (religieux, militaire, bourgeois et royal) dans une ville qui ne dispose plus de grande place suite à la disparition du Champ à Seille. Il ordonne au maréchal de Belle-Isle son exécution.

Article détaillé : Place d'Armes
L'hôtel de Ville de Metz.

En 1731 déjà, Belle-Isle commence par agrandir la place, jusqu'alors accessible seulement en Fournirue et par la rue derrière Saint Gorgon (aujourd'hui disparue). Pour cela, il perce les rue des Jardins en 1754 [6] et du Chanoine Collin, et fait prolonger le passage du Palais épiscopal dans une grande voie vers la place de Chambre sans passer par la place Saint-Étienne : la Rue d'Estrées. Il ordonne à Blondel la réalisation de plusieurs édifices autour de la nouvelle Place d'Armes Jacques-François Blondel, aménagée en juillet 1754 et construite jusqu'en 1770.

Construite sur l'ancienne place devant le Grand Moûtier, la place fait raser le cloître de la cathédrale et le jardin du Chapitre, le logement des musiciens et ses maisons attenantes, la chapelle Saint-Paul, la chapelle des Foës (dite Notre-Dame des Lorette, tous ces bâtiments se situant au centre de notre place actuelle), la chapelle de Saint-Pierre-le-Vieux (emplacement actuel du bâtiment de l'office de tourisme), la chapelle des Lorrains (sur la place, côté cathédrale devant le portail de la Vierge), la petite collégiale de Saint-Pierre-aux-Images, un ensemble de petites maisons, et le grenier du Chapitre (tous trois à l'emplacement actuel de l'Hôtel de Ville). Le sol est aussi arasé et abaissé de cinq mètres entre la rue du Four du Cloitre et le parvis de la cathédrale. Le haut de la Fournirue est retravaillé pour construire une aile.

En 1761, il commande le nouvel hôtel de ville et son successeur fera raser le Palais des Treize en 1765. En 1764, Blondel poursuivra les travaux de Belle-Isle avec le portail néoclassique de la Cathédrale Saint Étienne de Metz et les galeries tout autour afin d'harmoniser toute la place. En 1765, il demande à Blondel de construire le nouveau Parlement de Metz dont seule la façade sera achevée.

Article détaillé : Hôtel de Ville de Metz
Article détaillé : Jacques-François Blondel

Cet ensemble sera poursuivi à la mort de Belle-Isle par son successeur comme gouverneur de Metz, le Maréchal d'Estrées, et l'architecte classique Blondel.

Une nouvelle île du Saulcy

La Préfecture de Moselle.

Louis XV veut dès 1738 créer la « première place moderne de Metz » [7] avec l'ensemble place de la Préfecture et place de la Comédie. Il fera ainsi bâtir l'Hôtel de l'Intendance (aujourd'hui Préfecture de Metz) entre 1738 et 1742, l'Opéra-théâtre de Metz entre 1732 et 1758, les deux sur l'île du Petit-Saulcy qu'il a fait viabiliser, mais aussi l'abbatiale Sainte-Glossinde (entre 1752 et 1757, avec ses abords) et l'église Saint-Simon-Saint-Jude.

Article détaillé : Opéra-théâtre de Metz
Article détaillé : Préfecture de Metz


Toujours sur l'île du Petit-Saulcy, il fait construire quatre ponts qui permettent de relier ce nouveau quartier au reste de la ville : le Pont des Roches et le Pont de la Préfecture en 1739, le pont Saint-Marcel et le pont Moreau en 1737 [8].

L'académie de Metz

Il fonde en 1757 l'Académie nationale de Metz sous le nom de Société d’étude, des sciences et des arts de la ville de Metz. Il est depuis 1759 membre d'honneur de cette société savante.

Odonymie

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Références

  1. (fr) PERREAU Stéphan, « FOUQUET DE BELLE-ISLE Charles Louis Auguste » sur Hyacinthe Rigaud (consulté le 17 février 2026)
  2. (fr) CHASSANG Alexis, BOUILLET Marie-Nicolas, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, Paris : L. Hachette, 1878 (ISBN n/c)
  3. (fr) PENIN Marie-Christine, « Belle-Isle » sur Tombes sépultures dans les cimetières et autres lieux (consulté le 18 février 2026)
  4. (fr) VALYNSEELE Joseph, Dictionnaire des maréchaux de France: Du Moyen Age à nos jours, Paris : Perrin, 2001 (ISBN 2262017352)
  5. (fr) TRAPP Julien, DIDIOT Mylène, SALAMAGNE Alain, Défendre Metz à la fin du Moyen Âge, Nancy : Éditions de l’Université de Lorraine, 2017 (ISBN 978-2-38451-125-9)
  6. (fr) BERRAR Jean-Claude, Metz au début du XXe siècle, Metz : Editions Serpenoise, 2006 (ISBN 978-2876927513)
  7. (fr) BARBIAN Fabrice, FLAYEUX Isabelle, Metz d'antan, Metz : Hervé Chopin éditions, 2011 (ISBN 978-2357200784)
  8. (fr) STRUCTURAE, « Aménagement de l'île du Petit-Saulcy » sur structurae.net (consulté le 6 mai 2023)

Bibliographie

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